
Quand un auteur est invité aux 30 ans de la revue dans laquelle un long entretien (Être Personne) est consacré à son roman, et qu'un des thèmes abordés est celui du salutaire effacement de l'auteur, voire sa disparition... Cela donne en toute logique :
Interviewé par Ulysse Manhes, France Culture, Lakis Proguidis en scène, qui affirme: " Quand je dis que le travail de critique est celui d'avoir le courage de prendre des risques, j'en veux pour exemple l'entretien au sujet du roman le dernier Ulysse , dont l'auteur est d'ailleurs dans la salle ; parce que j'y affirme que c'est un très grand roman, et que je prends alors le risque de provoquer un débat contradictoire."
L'auteur, lui, ne connaissant quasiment personne dans la salle se dit deux choses : 1/ Heureux d'être inconnu. 2/ Heureux d'être en cohérence avec le manifeste de la disparition qu'exprime ce roman.
Parce que le seul intérêt d’écrire se niche précisément dans l'espoir de mettre au monde une matière de rêve et d'ailleurs, à pétrir et débattre...
Le reste appartient à la lecture, vos lectures.
Et maintenant Retour au long travail en cours. 2014... 2024 (?)
Le revue : https://www.placedeslibraires.fr/.../9782283038833-l.../
L'entretien Être Personne : https://www.editionslesdefricheurs.art/_files/ugd/7381fb_c2de44ac414e4bc48f80fd908ec8d5a9.pdf

C’est au moment de quitter ces femmes et ces hommes que j’accédai à une certitude. En leur serrant la main. Un à un. Une à une. Leurs paumes criaient dans la mienne, leurs yeux m’étouffaient l’âme, et ce que je recevais d’eux ne ressemblait en rien à ce que j’avais reçu jusque-là de mes autres rencontres. Plus de labyrinthe, plus de choix, plus de lien, je ne voyais plus rien au-delà de leur présence autour d’Isaias. Leurs autres destinées avaient été gommées. Leurs esprits accouplés ne chantaient plus qu’une seule geste contemporaine, d’une monolithique et obsessionnelle voix.

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